CÉLESTE CANICULE

////CÉLESTE CANICULE

CÉLESTE CANICULE

S’élever. Ne plus toucher ce sol si bassement terrestre ni la gravité du lourd réel pour accéder aux volutes si cotonneuses de la plénitude. Ne plus avancer ou reculer, s’envoler. Cordialement céder l’espace alloué, et ce dès le premier tour, comme au si malsain jeu des chaises musicales. Demeurer au quai de tous les trains et de ses rails d’opportunités si mortellement ancrés. Contempler de si haut les mortels s’ engouffrer dans leurs précieux wagons d’ambition. Se délecter de se délester d’une trop pesante enveloppe organique dont le noir vortex circulaire se situe entre sa matrice et le cortex. Vérifier qu’il existe toujours en le frappant régulièrement d’un coup de poing assuré. Une contraction comme positive réponse. Vous pouvez toujours tous baiser à loisir un à un ce vulgaire corps- socle voué à la punition en guise de rédemption mais vous n’atteindrez jamais ô grand jamais  son inestimable encéphale. Défier les pesants gravats du Chaos, contrôler, maitriser, enfin ! Saillant comme les jugements. Vaporeux comme une trace de Deroxat. Angulaire comme une pierre. Vif comme l’hyperconscience. Puissant comme un roman. Discipliné comme la perfection. Dissocié comme Dukan. Violent comme une barre à mine. Angoissé comme la crise. Renié comme l’illégitime. Asexué comme un spectre ailé. Échapper aux choix. Plus d’échec. S’emplir de vide. Vider le trop plein. Boulotter de subtils nectars si communément nommés « connaissances ». Vomir le vil superflu. Devenir l’omniscience, l’onirique, la pureté, l’imperceptible. Devenir Dieu. Contempler l’horizon, pardonner. La miséricorde face à la maladive hostilité jalousant la transcendance.

Août 2003.

Vous êtes en estival festival. Je suis en psychiatrique hôpital. Le soir de ses 20, trente-huit kilos tourmentés et avinés sous trente cinq degrés, en amont d’une tour de quarante mètres, ont hésité. Finalement, ils n’ont pas sauté, un stylo Bic encre fine les a sauvés. J’ai atterri, autrement. La culpabilité est un virus.

 

C.

 

celeste-canicule
Illustration par Carolyne Missdigriz

2017-06-28T19:27:46+00:00

3 Commentaires

  1. […] ma seconde contribution au site Polyvalence .Ce n’était pas un exercice évident. Le but est de recueillir des témoignages . Cette […]

  2. Louli 24 avril 2014 at 0 h 05 min - Reply

    inconnue : je t’aime. guéris toi, la vie est belle, et si elle ne l’est pas, tu la rendra belle.

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