COLOCATION INDÉSIRABLE

////COLOCATION INDÉSIRABLE

COLOCATION INDÉSIRABLE

Bon, réveil en cours… Où suis-je ?

Dans le salon. Maintenue sur le canapé de manière parfaitement artisanale par mon cher et tendre, qui est à moitié affalé sur moi. Par moment, peser plus de cent kilos est un avantage… genre quand on doit faire face à une furie qui n’en a rien à foutre d’avoir mal, et encore moins de FAIRE mal, par exemple ! Vu que je suis revenue aux commandes, il est temps de prendre la mesure des dégâts déjà arrivés, et de ceux potentiellement à venir.
Douleurs ? Aux côtes, au bassin, au ventre… classique indémodable, on fera avec. Ce qui m’inquiète davantage pour l’instant, c’est ce que ma charmante colocataire interne a fait subir à celui que j’aime. Je n’ai pas beaucoup de temps avant de replonger sous les vagues noires qui menacent de submerger mon esprit.
Il me rassure de quelques mots : à part quelques coups de griffes et de dents, tout va bien. Mouais, on va dire ça hein… ce n’est pas comme si j’avais le choix. Et de toute façon, ça repart pour un tour.

Dis, coloc, tu ne voudrais pas me faire plaisir et refaire irruption, je ne sais pas, moi… genre à la Saint Glinglin ? Ce n’est pas que je ne t’apprécie pas, ni mon entourage, mais je t’avoue que tes petites blagues ne font rire que toi. Quand je suis de retour après ton passage, c’est moi qui me tape l’agaçante corvée de réparer tes conneries. Et au bout de vingt-deux ans, ça me lasse un peu.

Tu serais une anomalie cérébrale, ou un trouble mental sans cause neuro, les avis divergent. Moi je peux simplement t’affirmer que, de nos batailles sous la surface lisse de notre corps, tout le monde sort perdant. Tu paries sur le fait qu’il y aura toujours quelqu’un qui arrivera pour nous sortir des problèmes que tu prends plaisir à créer. Tu sais pourtant que parfois, ça s’est joué à très peu… et les gens s’épuisent, à guetter tes lubies. Heureusement que tu as la politesse de sonner avant de débarquer ! J’essaie de revenir sur le rivage, tu essaies de m’appuyer la tête sous l’eau. C’est bien, on va avancer comme ça, cocotte !

Bon, troisième round, mon retour sera bref. Il me reste environ deux minutes avant de retourner dans ma prison aveugle… Juste le temps de demander « Tu me racontes ce qui s’est passé ? »

La réponse tombe avant la plongée : rien de sensationnel, crise sans éclat particulier. Bats-toi, on a des choses à faire et ton emmerdeuse de coloc commence à me saouler.

On est d’accord, chéri. Sinon, on fait quoi au dîner ce soir ?

Oui, je te snobe. Manquerait plus que tu nous gâches la soirée…

Seph

Photo couleur : sur une table, un smartphone. La table est floue, le smartphone est flou. Dans la vitre du smartphone se reflète une fenêtre derrière laquelle on voit un arbre vert et du ciel bleu. Le reflet est brillant, lumineux, très net. Un fort contraste avec le flou de la table et du smartphone.

Photo couleur : sur une table, un smartphone. La table est floue, le smartphone est flou. Dans la vitre du smartphone se reflète une fenêtre derrière laquelle on voit un arbre vert et du ciel bleu. Le reflet est brillant, lumineux, très net. Un fort contraste avec le flou de la table et du smartphone.

Illustration par Émilie Pinsan

2017-06-25T13:13:24+00:00

Laisser un commentaire

Accessibilité