CORPUS, MATER & SEXUS

CORPUS, MATER & SEXUS

Corpus, Mater & Sexus
(histoires de mère)

Bon je voudrais pas vous faire l’apologie de l’enfantement par ce témoignage, d’abord parce que c’est pas que de la joie non plus ! Ensuite parce que c’est pas une fin en soi d’être mère mais un choix. Néanmoins je voulais au moins partager mon expérience sur ce sujet parce que même avec les hauts et les bas, ça reste une expérience hyper positive donc pourquoi pas en parler aussi quand c’est bien ! J’ai lu quelques témoignages à propos du rapport corps / maternité , ou encore à propos de femmes pressurisées socialement parce qu’elles ne voulaient pas avoir d’enfant et j’ai trouvé la plupart plutôt négatifs voire affligeants. Mais rassurez-vous (ou pas), être mère ne vous met pas plus à l’abris des colibets de la société, au contraire, vous n’en avez que + de responsabilités vis à vis de « l’idéal » établi. N’empêche que, il est évident que je n’aurais pas enfanté toutes ces magnifiques crevettes (3 maintenant) si je n’y avais pas trouvé une satisfaction morale et sentimentale extraordinaire ! Bref. Assez de ces crevettes, parlons de nos moutons : corps, maternité & sexualité ! En voilà un sujet passionnant ! Il y a trop à dire car d’une grossesse à l’autre rien n’est pareil surtout quand 15 ans les séparent ! Et puis la sexualité passe par nombreuses phases lorsqu’on élève des enfants ! Je vais donc essayer d’être chronologique et comme mon expérience est riche en la matière je tâcherai de faire quelques ellipses pour vous conter ce qui compte le +

En 1er lieu ce qui me vient à l’esprit c’est le corps, sa transformation est époustouflante !

Avant d’allaiter j’avais des tout petits tétés

en forme de pommes pointues et un corps longiligne tout étroit

tellement étroit que le docteur disait même que j’y arriverai pas

et personne ne voulait cet enfant à part moi, & lui, (son géniteur).

Ma 1ère grossesse, c’était à 20 ans. Une énorme surprise, que contre toute attente, j’ai décidé d’assumer !
À cette époque j’avais pourtant la tête en vrac, très auto-destructrice, et une sexualité pas très bien définie, un peu bi mais pas homo, hétéro mais jamais pour toujours… Aujourd’hui on me rangerait dans la case « queer » mais je n’aime pas très bien les cases.
Quand on m’a annoncé ma grossesse, j’avais du mal à me projeter en tant que « maman » mais j’étais terriblement curieuse de vivre ça et ça me donnait vraiment l’envie de (le) vivre en vrai.
D’abord le changement hormonal m’a toute bouleversifiée ! Et Ho miracle mon lupus* avait disparu ! D’accord je pouvais hurler de colère pour une tâche de café / m’éfondrer en larmes parce que j’avais perdu une chaussette / ou rire aux éclats parce que je venais de péter mon talon (weird), mais je n’étais plus « malade » ! Je resplendissais ! J’avais encore plus envie de sexe avec le futur papa, peut-être était-ce + psychologique qu’hormonal mais c’était très pressant par moments et on faisait ça tout le temps comme des lapins !

Et puis ma métamorphose a commencé.

Les courbes ont emporté les lignes et Whaooou ! Je me suis vraiment senti femme pour la 1ère fois ! ça peut paraître idiot dit comme ça mais avant j’avais un corps androgyne, encore très adolescent et même si je suis encore une adulescente et bin devenir maman a fait grandir très fort mon sentiment d’appartenance au genre féminin.

Les seins tout ronds, les hanches déployées, le ventre qui enfle, la peau magnifiée, j’avais parfois du mal à m’adapter à tous ces changements, je me demandais souvent comment ça allait finir si tout continuait à gonfler (Pphomph!) mais je me sentais + que jamais désirable et étrangement lorsqu’on se sent désirable on attire aussi le désir… Je n’ai pas le souvenir d’une baisse majeure de mon rythme sexuel, juste un changement dans l’exclusivité de la relation, qui s’est imposé, mais naturellement, sans pression. J’avais l’impression de contenir et d’offrir de nouveaux paysages corporels à chaque nouvelle étape de ma maternité et c’était un plaisir de partager cette découverte de sensations au toucher, au goûter, etc.

La vraie différence se joue sur les 3 derniers mois. L' »alien » pousse quand même en plein dans le mil ! Et il fait ressentir fortement son existence ! Il faut donc faire des compromis avec le troisième laron… Les ébats deviennent + précautionneux et + accrobatiques aussi, il faut alors trouver les positions qui vont bien et j’étais beaucoup moins endurante et souplesse bien sûr, mais on arrivait toujours à se réjouir mutuellement d’autant que nous avions une relation très fusionnelle à ce moment là.

Puis la vie fût ! (amen).

Ma 1ère rencontre avec la descendance fût excessivement riche en émotions ! Contre toutes apréhensions, j’ai eu un accouchement hyper rapide et plutôt fastoche ! En 1/2 heure c’était fait ! Et Merci la péridurale ! C’est vrai qu’après l’événement tout le bordel génital est en vrac, ça fait quand même l’effet d’un gros fist à l’envers alors faut bien un petit temps pour s’en remettre ! Mais honnêtement ce ne fût pas si atroce pour moi, j’ai peut-être de la chance mais mon périnée étant très musclé je n’ai même pas eu besoin de rééducation après !
Le plus fou, la clef du pestacle c’est évidemment quand la créature de moi est sortie de mon corps pour de bon ! L’alien qui évoluait en moi et que je ne voyais que sur des imageries médicales incompréhensibles, se trouvait là devant moi bien vivant ! Un minuscule être gesticulant dans mes bras ! Je ne peux même pas vous décrire l’extase tant il n’y a pas de mot assez fort. Après il faut s’en occuper et là c’est une autre paire de manches ! Tout ce qu’on a pu me raconter sur comment ça aller se passer c’était Bullshit ! : « L’instinct maternel » n’existe pas. Je voulais bien faire, j’aimais cette chose, mais je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Comment le prendre déjà, je n’osais pas le tenir tant il paraissait fragile et vulnérable. Les couches, l’habillage, les pleurs me provoquaient énormement de stress, voire de panique et le pire c’est les autres femmes autour de toi, même le corps médical, qui te regardent comme si tu étais la dernière des cruches à pas savoir t’en occuper alors que tu as juste besoin d’explications ! Sans compter les concours de poids entre les mamans, un truc hallucinant j’ai trouvé ! « combien il pèse ? », « le mien il faisait 4kgs 8 à la naissance ! », « quoi seulement 2kgs 6 ??!! Et il va bien ? », etc. Heureusement que le poids de naissance n’est pas un gage de bonne santé scientifiquement parlant… Mais oui on dirait qu’elles font un concours de celle qui a la + grosse chatte, un peu comme les mecs avec leur bite à l’adolescence.

Passons à l’étape suivante et pas des moindres : l’allaitement.

Les hormones changent encore et le retour de couches porte bien son nom, à ce moment-là franchement pas moyen ! Il y pense même pas t’façon t’as la chatte en charpie… Et alors là, un truc incroyable s’est produit au niveau de mes seins ! Mes mamelons se sont étendu discrètement pendant la grossesse et voilà qu’ils évoluent, se colorent + encore et que mon téton grossit comme une petite cerise à mesure que la pomme se gorge de jus ! C’est presque beau dit comme ça, mais à vivre, c’est très effrayant ! Une tension et une sensibilité affolante à fleur de peau et puis surtout on se rend compte qu’ils étaient programmés à ça depuis le début ! Hé oui les seins sont fait pour allaiter, ce sont en quelque sorte
des mamelles (Blam!), moi qui ai toujours cru que c’était des objets de plaisir sexuel …
Passer du 80 B au 95 D, au début ça fait très peur ! Et puis on s’y fait bien :-), ça donne un nouveau charme à la silouhette hein ! Autrement on découvre un plaisir corporel singulier mais pas sexuel : l’allaitement. Au départ je n’étais pas sûre de le vouloir et c’est en éprouvant la chose que j’ai kiffé. D’ailleurs l’allaitement a duré chaque fois + longtemps à chaque nouvelle naissance car c’est une expérience unique ! D’une tendresse infinie. Le bébé, il sait tout comment faire d’instinct c’est fou ! Et moi j’avais l’impression d’avoir un super pouvoir ! : des gros nichons déjà, et surtout une production de lait phénoménale ! Je pouvais tirer des rayons laser de lait avec mes seins ! Quand c’était l’heure de manger pour l’enfant mes tétons le savaient ! Ils se raidissaient et envoyaient la purée droit devant comme des guns !
Sexuellement ce fût un atout indéniable évidemment et j’en ai profité un max ! (Ejac face, branlettes espagnoles, etc.) La sensibilité est à son comble et les petites cerises se prennent très bien en bouche !
Après une telle apogée bien sûr, vient le déclin… La fin de l’allaitement, le retour au vide et quel vide ! Une grosse dépression. Non pas que je rejetais mon bébé, sa dépendance me pesait parfois mais il était toujours une source de bonheur, un réconfort sans égal. Non ce qui changea, et la déception se produit à chaque fois, c’est mon rapport à mon propre corps quand tout a dégonflé (pshiiiit!). Le bidoux qui déborde, passe encore, avec de l’exercice on récupère. Mais il est des choses qui ne résistent pas à une telle métamorphose… Mes ptites pommes sont devenues comme des ballons de baudruche, des oeufs sur le plat, avec les mêmes gros tétons mais sans plus de chair autour, et j’en ai chialé ma race devant la glace en constatant l’effet « kiss kool ». Mon tatouage après 3 grossesses s’est très mal comporté et aujourd’hui je dessine encore des plans de recouvrement, toujours pas concrétisés faute de thunes… C’est un gros bémol en effet.
Néanmoins en jouant des pectoraux et avec le temps l’effet baudruche s’atténue considérablement mais le coup porté m’a tout de même complexé au coeur même de ma sexualité, l’apréhension de déshabiller cette partie avait pris le pas sur le plaisir que je pouvais en tirer. Et puis j’ai relativisé. D’abord divers-e-s partenaires depuis m’ont rassuré sur ce que je ressentais comme une tare, car l’intêret dans une relation sexuelle ne se trouvait pas dans l’aspect d’une forme ou d’une autre mais dans la synesthésie de l’échange, le plaisir qu’on pouvait se provoquer. De + mes cerises étaient tout autant réactives et j’aurais eu bien tord de ne pas en profiter ! Je me suis apperçue à quel point mon complexe était idiot et autocentré. Idiot parce qu’il correspondait aux normes imposées par une société d’hommes qui + est occidentale, où tous les nichons qui pointent le nez dehors (sur les affiches / au cinéma / dans les magazines, etc.) doivent avoir le vent en poupe et se tenir hauts, + haut que l’apesanteur et ce quelque soit leur vécu. Autocentré car je voulais correspondre aux critères d’aphrodisme de cette affreuse société sans même m’en rendre compte, comme si mes seins et par extension mon physique, c’était + important qu’accessoire. Malheureusement je pense que toute meuf, même pas mère, subit cette pression sociale et médiatique sur son corps, comme si on voulait nous mettre en compétition pour le bon plaisir de ces messieurs. Quand on voit des articles de presse comme il y en a plein sur : « comment retrouver son corps après une grossesse », « les 10 commandements pour une taille fine », « objectif ventre plat ! »,  » Les filles, reboostez votre fessier ! » ou même « comment rester fraîche à la ménopause » + 1000 autres, on se rend compte que l’influence écrasante de l’aphrodisme et du jeunisme s’adresse beaucoup + aux femmes qu’aux hommes et qu’elle a des conséquences désastreuses sur notre bien-être. Passons, car ceci est un autre sujet qui demande développement et que finalement cet épisode n’est qu’un détail par rapport à ce qui nous intéresse : corpus, mater & sexus.

Après la naissance,
d’une part je découvrais les avantages et les limites de la monogamie, d’autre part je devenais une maman et nous devenions une famille puisque 3 ans + tard une nouvelle métamorphose mit bas à une nouvelle créature de lumière : ma fille. Il est clair que la sexualité prend un tout autre tournant quand on a des enfants dans la place. L’avantage de la monogamie est qu’elle rend légitime les câlins de papa et maman de fait. Par conséquent, n’étant point trop soucieux de dissimulation inutile, notre vie sexuelle se portait comme un charme ! + discrète certes mais très active cependant. C’était même devenu la seule réponse que nous avions à nos disputes, jusqu’à ce qu’elles se corsent et deviennent hélas trop dramatiques pour être évoquées ici. Ça c’était les limites…

Après vint la séparation, conflictuelle, passionnelle, dégueulasse… Là aussi je pourrais largement vous écrire un roman sur l’inégalité et l’injustice entre la place de l’homme/père et celle de la femme/mère telle qu’elle est conçue dans notre société, mais je m’abstiendrai car c’est une autre histoire. bref je me retrouve seule avec la marmaille. Et là je crois que j’ai vécu la + grande disette sexuelle de ma life…
Mes ptits à ramasser à la petite cuillère, des préoccupations de survie beaucoup + nécessaires, je ne voyais même pas le temps d’y penser… Jusqu’à ce que le désir l’emporte sur l’inconfort de la situation mais ce fût long… Je suis d’abord passée comme jamais par des périodes de masturbation pour me satisfaire. Je commandais des joujoux sur internet et je m’adonnais volontiers au plaisir solitaire avec ça, mais au bout d’un moment ça devient frustrant. Un jour mon fils (6 ans) en a trouvé un tout à fait explicite et il m’a demandé ce que c’était, j’étais très embêtée , je lui ai dis que c’était des moulages pour les sciences naturelles qu’une prof m’avait confié ( je travaillais dans les écoles ). Les enfants font bien travailler la répartie et l’imagination… Ceci dit, les choux et les roses, ça a jamais trop été mon truc. Quand ils avaient des questions sur la question je répondais plutôt sans détour, avec précaution ok mais sans fabuler des conneries.

Puis, ne pouvant pas sortir des masses entre taf et foyer, j’utilisais encore internet pour aller sur des sites de rencontre en tous genres ! Ma requête était claire : Baiser ! Il faut bien que le corps exulte, mais c’est moins évident quand ce n’est pas le père de vos enfants fraîchement disparu… Je donnais donc des rendez-vous à la sauvette quand j’avais des crénaux et qu’ils étaient à l’école. Au début je me sentais absurde de me déplacer aussi loin, après j’ai trouvé la démarche excitante ! Je pouvais draguer des mecs, des meufs, les chauffer à souhait et puis baiser tout simplement. C’était pas la panacée non plus, des fois j’avais de mauvaises surprises mais au moins je rentrais chez moi ni vu ni connu sans effort d’explications. Peu à peu j’ai trouvé cette pratique pathétique, je prenais plus tant mon pied que ça, le kif était surtout dans l’hameçonnage, après c’était moins excitant, c’était + mécanique que jouissif, quelquefois l’envie n’était plus là au rendez-vous, et puis je voulais pas les revoir même quand ça se passait bien. Retour à la masturbation…

Quand mes enfants ont vieilli un peu plus, que j’ai pu les mettre à l’abris du besoin, avoir des moyens de garde aussi, là je me suis éclatée ! Après la disette l’abondance ! D’abord de vraies rencontres, des béguins d’un soir, la maîtresse de l’un, la muse de l’autre, puis des « amiant-e-s » (= ami-e + amant-e) q
ue je voyais de temps à autre sans aucune obligation de régularité. C’était cool ! Je me suis fait de bons ptits plans et je n’étais plus à l’amende de sexe par défaut. Toutefois ça a révélé chez moi une dichotomie de + en + flagrante entre ma vie de mère et ma vie sexuelle. La plupart de mes partenaires ne savaient rien de ma vie perso et même s’ils savaient pour certain-e-s, ils n’y étaient surtout pas impliqué ! Cela m’a rappelé quelques épisodes de ma vie de monogamme, cette fracture induite entre la mère et la putain : l’une doit être pure, l’autre est forcément souillée. Et combien de fois des gens qui « savaient » m’ont renvoyé à la face leur débilité ou leurs viles insinuations du style « et tes enfants tu t’en occupes un peu ? ». . . En fait ils ne savaient rien du tout. Fort heureusement le « qu’en dira t’on » ne m’a aucunement empêché de vivre ma sexualité comme je l’entendais. J’ai poursuivi mes flirts et autre « PCR » aussi loin que possible de mon quotidien monoparental déjà bien difficile à porter. Ça a duré 4 ans.

4 ans pendant lesquels je me créais un univers de fête en aparté, comme une bulle de champagne dans un verre de boue. Car oui j’avais l’impression d’être une autre, Je me réjouissais d’être libre, juste un instant seulement. À côté de ça mon quotidien de mère était pénible à gérer, toujours sur le fil tendu de la précarité, sans filet. J’ai dû responsabiliser mes enfants assez tôt, les rendre autonomes aussi vite que possible pour pouvoir contribuer à leur bien-être et à Mon bien-être, car oui ma vie de mère ne m’a pas fait oublier ma libido. Ma sexualité était certes épisodique mais satisfaisante, ce qui était plus dur était de l’ordre de l’affect. La séparation entre vie sexuelle et vie personnelle, rendait les 2 compartiments privés. J’ai eu beaucoup de mal à faire le pont quand des relations + sérieuses ont vu le jour… Avec certain-e-s on avait envie de partager + que quelques nuits volées par-ci par-là et même si j’étais sincère sur ma condition, j’avais le sentiment que mon quotidien de mère était trop hardcore pour une idylle débutante. Je redoutais aussi la réaction des enfants si j’introduisais quelqu’un chez nous trop souvent. Malgré mon tâtonnement, cela s’est produit. 3 fois, j’ai introduit des relations dans mon HLM… Pas de filles, enfin si peut-être une, mais ça n’a pas duré, je n’ai pas vu la nécessité d’officialiser la chose, j’ai choisi la facilité en la présentant comme une copine et c’est très bien passé. Bien finalement sur les 3 relations qui ont sensiblement duré ou évolué un peu + fort que les autres, c’est passé crème en fait ! Mes enfants étaient d’abord dubitatifs puis curieux et puis plus tellement. On peut pas dire qu’ils m’aient compliqué la tâche, au contraire ! J’ai pu avoir une sexualité épanouie avec d’autres même en leur présence (par là j’entends sous notre toit hein pas devant eux !) et ils m’ont fait comprendre avec grâce que me voir m’épanouir comptait aussi beaucoup pour eux ! J’avais pourtant raison sur un point, mon quotidien familial ne faisait pas bon ménage avec l’insouciance des amours naissants. Faire du sexe discrètement ou avoir des contraintes quand on a envie mais qu’on ne peut pas, c’est pas méchant, ça peut même être un jeu. Mais l’éducation d’enfants et les responsabilités qui en découlent pesaient lourd dans l’air, et le confort de mes enfants était et sera toujours une priorité. Donc tant qu’une relation est du domaine du loisir, ça va bien. Par contre quand cette tierce personne veut rentrer dans votre vie, c’est compliqué… On ne sait pas où se situer dans l’implication et il faut dire que je ne leur laissais pas beaucoup de place là-dedans. Je me suis faite à l’idée que revivre une monogamie chez moi était impossible. J’avoue que j’en étais amère par moments et que les chagrins de quelques ruptures ont été durs à dissimuler à mes enfants (parce qu’ils comprennent beaucoup + qu’on ne le croit !). Cependant ils ont toujours été un rempart indéfectible à ma rémission. Résignée mais pas non plus abstinente, je poursuivais mes ébats çà et là en gardant mes distances.

Quand soudain, un jour de l’année 2010 (12 ans après le 1er géniteur), j’ai rencontré l’homme qui allait me faire mère pour la 3ème fois ! ! c’est toujours au moment où on s’y attend le moins que la vie vous surprend ! Je vous passe les détails de son intégration au foyer, disons qu’il a su s’impliquer sans s’imposer et que le lien s’est créé petit à petit entre lui et moi mais le + important ! : entre lui et nous. Au début on squattait l’un chez l’autre ponctuellement, en amants avant tout, et puis + tard le campement s’est installé, il n’était plus seulement l’amant qui allait passer de temps en temps mais bien le futur beau-père et les enfants l’avaient compris. Nous allions chez lui à Paris le week-end et il venait chez nous en banlieue la semaine. C’est par notre implication progressive et mutuelle que notre sexualité s’est légitimé de fait comme du temps de « papa & maman ». Bon c’est pas tous les jours facile parce que quand on a pas élevé d’enfants il faut être sacrément patient et compréhensif pour supporter ceux des autres, mais dans l’ensemble ça se passe bien ! C’est bien pour ça que nous avons décidé de courronner cette (ré-)union par un nouvel enfant ! Et à 36 ans c’est pas la même histoire ! J’avoue qu’au 1er abord j’étais plutôt réticente à l’idée, lui n’en avait jamais eu, moi j’avais déjà donné ! Et puis vous l’aurez compris, la maternité c’est pas toujours la joie pour un couple qui veut s’épanouir… Mais l’envie fût + forte que la crainte et cette fois j’étais une maman aguerrie !
J’entrai donc à nouveau en métamorphose.

Mon paysage, + molletonné qu’autrefois

offrait déjà + de collines que de lignes…

Les pleins et les déliés se sont encore creusé

Et mes p’tites poires joufflues

jusqu’à redevenir les bonnes grosses pommes d’antan

Mon ventre a tricoté son oeuf encore + vite que prévu !

Il a pris des proportions énooormes par rapport aux précédents !

Les derniers mois furent par contre insupportables ! : gastrites, diabète, flébite menaçante et surtout la patte folle ! Des fois une de mes jambes ne répondait plus et je partais en vrille ! Comme ça, n’importe où, je pouvais tomber dans la rue ! En revanche, voir une fois encore le lupus disparaître de ma vie, même passagèrement, c’est sacrément agréable ! J’ai eu beaucoup + de mal avec mes addictions : alcool, tabac voire + si fiesta … Le manque me rendait insupportable dans les 1ers temps de sevrage; mais quelle récompense quand on parvient à se libérer de toutes ces dépendances ! Les hormones également, toujours aussi ingérables mais cette fois c’était différent, ma personnalité ayant évolué avec la maturité, je ne focalisais pas tant sur les émotions que sur le nid à construire, j’étais obsédée par le bricolage ! À tel point que j’ai bien cru devoir accoucher dans les couloirs d’un bricoman… Mes seins étant beaucoup + sensibilisés, mon allaitement sur ce coup là a eu des phases bien + douloureuses, parfois je mettais des capotes (oui il existe des capotes à bout de sein !) pour ne pas trop souffrir la longueur mais quel plaisir encore ! Bref un revival un peu + gratiné et même quand on se croit « rodée », l’incroyable enchantement que procure ce petit être m’a tué de surprise, comme une morsure de bonheur dans tous mes sens.

Contrairement à mes doutes, mon corps s’est restructuré plus vite encore ! Un peu + de sport avec le périnée, mais avec le diabète des derniers mois et le régime forcé sans sucres, et
bien j’avais même maigri et je pétais la forme !

En ce qui concerne ma sexualité, je n’ai rien à redire, si ce n’est que c’est tellement + jouissif quand on peut joindre le sexe à l’affect.

Voilà.

* le lupus est une maladie auto-immune chronique.

Illustration par M.

Illustration par M.

M.

2016-03-20T17:08:22+00:00

2 Commentaires

  1. jess 20 juin 2015 at 18 h 32 min - Reply

    Wooh super témoignage ! Riche, émouvant et juste sincère .
    merci pour le partage 😉

    • M 22 juin 2015 at 8 h 34 min - Reply

      Tank You Jess !

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