FÉMINISME ET CONTRACEPTION

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FÉMINISME ET CONTRACEPTION

Avec le débat sur l’avortement, on entend souvent “ les femmes qui veulent avorter, elles avaient qu’à se protéger aussi hein.”

Les femmes. Elles avaient qu’à. Oui, c’est vrai que c’est à nous que revient, bien souvent, la charge de la contraception.

Je suis une femme, j’ai une vie sexuelle, je me protège. Du moins j’essaie.

J’ai pris la pilule pendant 3 ans, je finissais par l’oublier une fois sur trois… Oui, même en mettant une alarme. Je la laissais dans ma table de nuit pour la prendre avant de me coucher et je l’oubliais quand je ne dormais pas chez moi ; je la mettais dans mon sac pour l’avoir toujours sur moi et je l’oubliais quand je changeais de sac. Sans compter qu’il faut y penser constamment. On me réplique en général que c’est juste un réflexe à prendre. Bizarrement, les personnes qui me disent ça sont souvent des hommes. Mon psychanalyste de beau-père m’a même dit un jour que les oublis de pilules étaient en fait des actes manqués (révélateurs de quoi ? De mon envie de grossesse ? J’en doute fort).

Je suis passée sous anneau vaginal : moins contraignant (on le change une fois par mois, c’est la même gestion que les règles)… Mais non remboursé : 30 euros à chaque fois, c’est pas un cadeau quand on a un budget serré comme le mien. Et les hormones ! Baisse de la libido voire de désir, d’envie de n’importe quoi (en général de rien, la moitié du temps). J’ai vu la différence quand, pour des raisons financières, j’ai dû stopper l’anneau pendant 3 mois.

Je suis passée au DIU ou stérilet en cuivre il y a deux mois. Zéro hormones, 100% remboursé. Tranquille 5 ans. La pose est douloureuse mais ça vaut le coup.

La contraception c’est quand même un vrai parcours du combattant. Et aucune gynécologue ne m’avait parlé du stérilet avant cette année, il y a encore beaucoup de filles qui pensent que ce n’est que pour les femmes ayant déjà eu un bébé. C’est aussi très souvent la femme qui paye seule sa contraception et qui en est responsable.

Donc certes, pour les hommes il y a le préservatif. Mais ce n’est pas supportable à long terme (moins de sensations durant l’acte…). Je ne crache pas sur la contraception hein, attention ! Je me demande juste quand est-ce que nous aurons enfin une vraie égalité des sexes vis à vis de la contraception ?

Nymphe

 

 

Illustration par Ookah

 

 

2018-01-15T11:27:09+00:00

6 Commentaires

  1. De Saint Léger Sarah 11 avril 2014 at 19 h 53 min - Reply

    Bien dit !!!

  2. Jooles 12 avril 2014 at 23 h 40 min - Reply

    L’implant contraceptif (dans le bras) est pas mal non plus. Il délivre des hormones progestatives en continu pendant3 ans ; la pose est faite sous anesthésie locale, et une fois posé il est quasiment invisible, et totalement indolore.
    Voir l’article de Martin Winckler : http://martinwinckler.com/spip.php?article429

    • Fox 16 juillet 2015 at 15 h 15 min - Reply

      Le gros problème de l’implant dans le bras c’est que ça déconne en permanance, de toutes les filles qui ont essayé pas une n’avais pas eu de problème. Entre lésé prise de poids due aux hormones, la baisse de libido, les moments de blues, etc… Sans compter que le machin peut bouger dans le bras et aller se loger dans le muscle, du coup pour l’enlever ça fait bien mal. La vérité c’est que le stérilet en cuivre, de par son absence d’hormones est la meilleure solution.

    • Fox 16 juillet 2015 at 15 h 20 min - Reply

      Pas vraiment indolore, en particulier pour les sportive, il a tendance à bouger et peut se loger dans le muscle. Sans compter que les contraception basées sur les hormones ont des effets négatifs qui sont toujours plus ou moins les mêmes, inégalités d’humeur, prise de poids, de poitrine, règles plus douloureuses, et puis la flemme et la fatigue, toujours.

  3. Manon 16 juillet 2015 at 15 h 23 min - Reply

    Tout à fait d’accord et bien plus encore.

    La contraception, je m’y plis et je la paie : après avoir fait une thrombose cérébrale (un caillot de sang dans une veine du cerveau (et non dans une artère au quel cas ça aurait été un AVC)) je me suis retrouvé à être flippé par la pilule et par toute autre contraception en fait. J’avais tout juste 18 ans et je connaissais rien d’autre. On m’a parlé des implants, ça m’a terrorisée. Alors n m’a donné une autre pilule, sensée être safe. Bien qu’en lisant la notice, on s’aperçoit qu’elle est déconseillée à des gens ayant des antécédents de thromboses… ahahah.

    Pour la blague, armée de ma peur au ventre et étudiante en galère de thune sans arrêt, ma pilule « safe » n’est pas remboursable et je claque 50€ tous les 3 mois alors qu’il y aurait surement d’autre solution.

    Heureusement, depuis quelques temps, j’ai un petit ami et il m’aide; Mais je suis toujours terrorisée à l’idée d’essayer de changer.

  4. Karine 29 avril 2016 at 10 h 26 min - Reply

    Vous soulevez le problème : le probleme de la communication. Aujourd’hui on lit et on entend des choses complètement fausses relatives aux moyen de contraception.
    Et puis il y a un manque d’infos.

    Il est bon quand meme de savoir que différents moyens de contraception existent et que la pilule n’est pas la seule solution. Qui plus est, si un moyen ne convient pas ou si votre corps ne l’accepte pas, nul doute qu’un autre pourra prendre la relève. Et votre exemple du DIU illustre parfaitement tout cela. Et je parle en connaissance de cause puisque j’ai vécu la meme expérience que vous.

    Bref, on est jamais mieux servie que par soi meme

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