IVG en pratique… concrètement, en France, comment on fait ?

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IVG en pratique… concrètement, en France, comment on fait ? 2018-04-09T16:01:46+00:00

Plan

Premiere partie : 
IVG en pratique… concrètement, en France, comment on fait ?

 

1 – IVG : qui, que, quoi, quand, pourquoi?

2 – Les différentes méthodes d’IVG en France

La méthode médicamenteuse

La méthode chirurgicale

3 – Où pratiquer une IVG ?

 4 – Les conséquences de l’IVG

Conséquences physiques

Conséquences psychologiques

Conséquences sur la vie sexuelle ?

Conséquences sur une future grossesse ?

5 – Où s’informer ?

Deuxième partie : IVG : Une longue histoire

(suite : ici)

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I. IVG en pratique… concrètement, en France, comment on fait ?


  1. IVG : qui, que, quoi, quand, pourquoi?

IVG signifie « interruption volontaire de grossesse ».

C’est un avortement décidé et provoqué pour des raisons non médicales dans le cadre légal instauré par la loi Veil de 1975.

La loi (article L.2212-1 et suivants du Code de la santé publique) permet à toute personne enceinte, majeure ou mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un-e médecin l’interruption de sa grossesse. Seule la personne enceinte concernée peut en faire la demande. (Texte de loi : ici )

En moyenne, une Française sur 2 a recours à une IVG. (source : ici)

Comme pour toute action s’effectuant dans un cadre légal, il y a des conditions à remplir. Dans ce cas, les conditions portent UNIQUEMENT sur le délai, c’est-à-dire l’avancement de la grossesse :

Le délai légal d’avortement (IVG) est fixé en France à la fin de la 12ème semaine de grossesse, soit 14 semaines après le 1er jour des dernières règles.

Il n’y a AUCUNE condition sur la personne enceinte.

Il n’y a aucune condition de nationalité. En France, toute personne enceinte, française ou non, peut avoir recours à une IVG dans les conditions légales.

La personne enceinte est seule juge de sa situation et est libre de sa décision.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de choisir ou non de pratiquer une IVG. La décision appartient à la personne enceinte seule et elle n’a aucune obligation de se justifier auprès des médecins et/ou des membres de sa famille et/ou de son entourage. Dans une même situation, certaines personnes enceintes choisissent de pratiquer une IVG et d’autres non. Aucun des deux choix n’est condamnable, aucun des deux choix n’est meilleur que l’autre. C’est un choix, c’est une force, c’est un droit : le droit de chaque de personne enceinte de choisir pour elle. C’est le fondement de notre liberté de citoyen-ne et/ou de femme.

La personne enceinte mineure doit demander cette intervention elle-même en dehors de la présence de ses parents. Elle doit quand même avoir l’autorisation de l’un de ses parents (ou représentant légal). Cependant, si le dialogue familial est impossible, elle peut s’en passer et doit alors se faire accompagner par une personne majeure de son choix (adulte de son entourage ou membre du planning familial par exemple).

L’IVG est un acte médical remboursé par l’assurance maladie à 100%. Attention, selon les méthodes, les actes médicaux complémentaires (analyses biologiques, échographie) et certaines consultations médicales ne sont pas pris en charge à 100 %.

Pour les personnes enceintes bénéficiaires de la CMU (Couverture maladie universelle) ou de l’AME (Aide médicale d’Etat) et pour les mineur-e-s sans autorisation parentale, cet acte est pris en charge à 100%.


  1. Les différentes méthodes d’IVG en France

 En France, il existe 2 méthodes pour pratiquer une IVG. On choisit l’une ou l’autre des 2 techniques en fonction :

  • du choix de la personne enceinte
  • de l’avancement de la grossesse.

ATTENTION : Peu importe la méthode choisie, 2 visites médicales préalables sont obligatoires pour toutes les personnes enceintes (majeures ou mineures) avant la réalisation de l’IVG. Un délai de réflexion d’une semaine est obligatoire entre les 2 visites médicales préalables. Si les démarches ont été commencées tardivement, le délai autorisé pour l’IVG risque d’être dépassé. Dans ce cas, le délai de réflexion peut être réduit à 48 heures.

(sur le site du gouvernement : ici)

Pour la 1ère visite médicale préalable, la femme s’adresse au/ à la médecin de son choix.

Dans le cas où la personne enceinte est mineure, une 3ème visite médicale préalable est obligatoire : la consultation psycho-sociale. Elle est facultative pour les personnes enceintes majeures. Elle se passe entre les 2 visites médicales obligatoires.

(sur le site du gouvernement : ici)

Après les 2 (ou 3) visites médicales préalables, si la personne enceinte n’a pas changé d’avis, l’IVG peut commencer. Le/la médecin pratique l’IVG selon la méthode choisie. L’IVG se passe sous la forme de nouvelles visites chez un-e médecin !

 La méthode médicamenteuse

(sur le site du gouvernement : ici)

C’est une prise de médicament en présence d’un-e médecin. Dans ce cas, l’IVG consiste en 2 prises éloignées de médicaments (2 comprimés). Le 1er médicament interrompt la grossesse, le 2ème médicament provoque des contractions et l’expulsion de l’œuf.

  • Cette méthode est possible jusqu’à la 5ème semaine de grossesse (ou 7 semaines après le début des dernières règles). Elle se fait sans hospitalisation mais elle ne se fait pas à la maison ! Elle se fait :
    • soit dans cabinet de médecin,
    • soit dans un centre de planification,
    • soit dans un centre de santé.
  • Cette méthode est possible jusqu’à la 7ème semaine de grossesse (ou 9 semaines après le début des dernières règles) avec quelques heures d’hospitalisation.

En pratique, cette IVG se passe en présence d’un-e médecin lors de 2 visites différentes espacées de 36 à 48 heures. Il y aura une 3ème visite (de contrôle) pour vérifier que la grossesse est bien interrompue.

Le 1er médicament (pris lors de la 1ère visite)  est la « mifépristone ». Attention, ce médicament peut provoquer des saignements. C’est normal mais ça ne veut pas dire que la grossesse est arrêtée et il faut absolument aller au 2ème rendez-vous pris avec le/la médecin.

Le 2ème médicament (pris lors de la 2ème visite) est la « misoprostol ». La « misoprostol » se prend 36 à 48 heures après la « mifépristone ». Ce médicament provoque des contractions utérines et les douleurs ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes. Souvent, le/la médecin prescrit des antalgiques (anti-douleurs). Ce médicament provoque des saignements parfois directement après la prise, parfois plus tard, c’est normal. Ces saignements peuvent durer 10 jours.

La 3ème visite est une visite de contrôle. Elle doit avoir lieue  entre le 14e et le 21e jour après la prise de la « mifépristone ».  Elle est absolument nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s’assurer de l’absence de complication.

 La méthode chirurgicale

(sur le site du gouvernement : ici)

Cette intervention se déroule dans un bloc opératoire. Elle dure une dizaine de minutes. Le contenu de l’utérus est aspiré sous anesthésie locale ou générale. En général, l’intervention a lieu dans la journée.

  • Cette méthode est possible jusqu’à la 12ème semaine de grossesse et nécessite une hospitalisation.

Dans ce cas aussi, une visite de contrôle est obligatoire. Cette visite doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l’intervention chirurgicale. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication.

ATTENTION : Il faut s’informer le plus tôt possible. Certains établissements sont surchargés et les délais peuvent être longs. Il faut en tenir compte pour prendre les rendez-vous. Certaines personne enceintes peuvent se trouver en grave difficulté lorsque le délai légal d’accès à l’IVG risque d’être dépassé.

L’avortement (IVG) est un acte médical remboursé par l’assurance maladie à 100% pour les méthodes chirurgicale et médicamenteuse.


  1. Où pratiquer une IVG ?

L’IVG est toujours pratiquée par des médecins. Elles peuvent se faire dans différentes structures :

  • méthode médicamenteuse :
    • dans les centres de planification,
    • les centres de santé ou
    • en cabinet médical.
  • méthode médicamenteuse ou méthode chirurgicale :
    • dans les établissements de santé (hôpitaux ou cliniques agréées).

En pratique, les démarches prennent du temps. Une fois que la personne enceinte a décidé d’avorter, il faut rapidement prendre contact avec une structure pratiquant des IVG.

(infos sur le site du Planning Familial : ici)

Lorsque la personne enceinte concernée a pris contact avec la structure qui lui convient :

  • La structure propose la 1ère visite médicale préalable et prescrit des examens de laboratoire et/ou une échographie (groupe sanguin et rhésus indispensables). Le/la médecin remet une lettre de synthèse de la visite médicale préalable.
  • La structure propose la consultation psycho-sociale avec une conseillère ou une assistante sociale. Cette consultation a lieu au moins 48h avant l’IVG. Cette consultation psycho-sociale est facultative pour les personnes enceintes majeures mais il est obligatoire pour les personnes enceintes mineures.
  • La structure propose la 2ème visite médicale préalable. La consultation psycho-sociale (si elle a lieu) se place entre les 2 visites médicales préalables. La 2ème visite médicale préalable sert à confirmer la demande d’IVG (être sûr que la personne enceinte n’a pas changé d’avis). Si la personne enceinte n’a pas changé d’avis, l’IVG peut commencer. Au cours de cette 2ème visite médicale préalable, une méthode de contraception personnalisée est systématiquement proposée.
  • L’IVG (1 ou 2 visites) a lieu selon la méthode choisie par la personne enceinte, comme décrit ci-dessus, dans la structure appropriée.
  • La visite médicale de contrôle a lieu 3 à 4 semaines après l’IVG. C’est l’occasion de discuter des différentes méthodes de contraception et d’un examen gynécologique adapté.

IMPORTANT : Un véritable anonymat pour l’IVG ne peut être garanti seulement pour une IVG dans une structure qui assure la dispense d’avance de frais.

Cependant, pour les IVG pratiquées en cabinet, dans un centre de planification ou dans un centre de santé, la feuille de soins remplie par le/la médecin ou le centre, ainsi que le décompte de remboursement transmis par la caisse de sécurité sociale (SéCu) sont faits de façon à préserver la confidentialité de l’IVG vis-à-vis de l’entourage.


  1. Les conséquences de l’IVG

Il n’y a pas de « conséquences standards » après une IVG . Chaque personne réagit de manière unique.

Conséquences physiques

Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est de d’environ 95 %. Le taux de succès de la méthode chirurgicale est de 99,7 %. La conséquence physique directe de l’IVG est donc l’absence de grossesse.

Il peut cependant arriver, dans certains cas rares, que des complications post-IVG se présentent. Si, dans les jours suivant l’IVG, la personne présente :

  • de la fièvre, avec une température supérieure à 38° ;
  • des pertes importantes de sang ;
  • de fortes douleurs abdominales ;
  • un malaise,

la personne doit alors rapidement contacter la structure où a eu lieu l’IVG car il peut s’agir d’une complication.

Pour le corps d’une femme ayant choisi une IVG, un nouveau cycle commence immédiatement après l’IVG. La plupart des femmes auront donc une ovulation 2 à 3 semaines après l’IVG et la période menstruelle suivante après environ 4 à 6 semaines plus tard.

La menstruation qui  suit une IVG peut parfois être un peu plus forte que d’habitude.

 Conséquences psychologiques

Les conséquences psychologiques sont les plus variables d’une personne à l’autre. Elles dépendent de la situation, des croyances (ou non-croyances), du quotidien, de l’histoire personnelle et de l’entourage de chacun-e. Certaines personnes auront besoin d’un appui professionnel pour tourner la page et d’autres non.

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle permet à la personne (majeure ou mineure ) ayant pratiqué une IVG de parler de sa situation si elle en a besoin et qu’elle le souhaite.

Cependant, aucune étude n’a constaté, chez les personnes ayant choisi l’IVG, de troubles psychologiques plus fréquents que dans la population en général. Le « syndrome post avortement » (PAS) est une invention des milieux anti-avortement.

(source : ici)

 Conséquences sur la vie sexuelle ?

(source : ici)

 Il est conseillé, pendant les 2 jours suivant une IVG de ne pas avoir de relations sexuelles ou d’utiliser des tampons (il est mieux, également, de ne pas aller nager). Après ce délai, il n’y a pas de contre-indication. En effet, il n’existe aucune preuve que ces activités puissent représenter un risque accru d’infection et/ou de complications au delà de cette période de 2 jours.
Il est bien sûr possible de prendre une douche à tout moment.

 Conséquences sur une future grossesse ?

(sources : ici ou ici ou ici ou ici)

L’IVG fait suite à une grossesse non désirée : cette grossesse prouve que la personne qui a choisi l’IVG est fertile. Une IVG sans complications ne peut  avoir aucun effet négatif sur la fécondité.

Certains sites internet présentent des chiffres dramatiques sur les conséquences d’une IVG pour une future grossesse. Comme les IVG sont la plupart du temps pratiquées de manière anonyme ou confidentielle, il est difficile d’obtenir des statistiques fiables.

Cependant, il faut se souvenir que le risque de complications suite à une IVG (en particulier par méthode chirurgicale) existent. En effet, il n’existe pas d’intervention médicale sans risque. Comme la méthode chirurgicale est une opération, il y a toujours un risque de mauvaise cicatrisation ou de complications pouvant, peut-être, empêcher une grossesse normale. Mais si ces cas existent, ils ne sont pas la norme.

En cas de complication, il est donc possible que l’utérus cicatrise mal et que cette cicatrice pose un problème pour des grossesses futures. En Angleterre, les statistiques concernant les complications affectant l’utérus suite à une IVG soient les suivantes :

  • méthode médicamenteuse : moins de 1 chance sur 1000
  • méthode chirurgicale : 4 chances sur 1000

En Suisse, pour les interventions effectuées dans les premiers mois de la grossesse, le risque de complications physiques sérieuses se situe en-dessous de 1%

Plusieurs études ont été faites sur d’éventuelles séquelles (problèmes) liées à une IVG. Ces séquelles sont, par exemple, la stérilité ou les risques pour une grossesse future (grossesse tubaire, avortement spontané, naissance prématurée, faible poids à la naissance, complications de l’accouchement, bébés mort-nés, mortalité infantile et malformations). Toutes ces situations ont été analysées en détail dans des études portant sur des milliers de femmes. La majorité de ces études arrive à la conclusion que les risques ne sont pas plus élevés pour les personnes ayant choisi l’IVG que pour celles qui n’ont pas connu d’IVG.

(source : ici)

Une IVG n’a donc pas de conséquences directes sur la fertilité et dans la très grande majorité des cas, une nouvelle grossesse est envisageable très rapidement. C’est pour ça que les structures qui pratiquent l’IVG conseillent et prescrivent des méthodes de contraception lors des consultations et visites médicales liés à l’IVG.

Cependant, certaines femmes ayant avorté témoignent parfois de blocages psychologiques et de difficultés à tomber enceintes : le stress liés à la situation, la pression que la femme se met pour « retomber enceinte MAINTENANT », la peur due au manque d’informations, la peur d’être enceinte, d’avoir un bébé avec une malformation et/ou la culpabilité, etc… peuvent retarder l’apparition d’une nouvelle grossesse.

Bien plus que les conséquences physiques, ce sont les conséquences psychologiques qui peuvent (ou non) empêcher (ou freiner) une nouvelle grossesse. Un travail psychologique est, dans ces cas, nécessaire pour comprendre et débloquer la situation.


  1. Où s’informer ?

Il est indispensable de bien s’informer avant de commencer les démarches pour une IVG.

La manière la plus simple de s’informer est d’aller sur internet. Mais il faut faire TRÈS ATTENTION : le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a noté qu’il existe des sites internet malhonnêtes qui prétendent informer « de manière neutre »  et qui se font passer pour des sites institutionnels mais qui, en vrai, donnent des informations fausses et culpabilisent les personnes désireuses d’avorter en leur faisant subir un chantage moral et affectif. Ces sites publient des statistiques fausses et des témoignages catastrophiques en les faisant passer pour des situations « normales ». Ces sites sont souvent dominés par une idéologie religieuse déguisée en bienveillance.

(sur le site de Madmoizelle : ici) (sur le site de L’Express : ici)

Pour être certain-e de bénéficier d’une information neutre et complète, il faut rester sur les sites internet officiels (mis en ligne par le gouvernement) :

 

La meilleure manière de s’informer est, si on en a la possibilité, de se déplacer dans une structure pratiquant les IVG, un centre médical par exemple. Demander conseil à son/sa médecin traitant-e est aussi une idée.

 Les sites internet à éviter :

  • http://www.ivg.net
  • http://www.avortementivg.com/
  • http://www.avortement.net

 De manière générale, il faut se méfier des sites internet qui ne mentionnent pas leurs sources ou qui ne présentent pas les avantages et les inconvénients d’une même situation.

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